ITAR

ITAR: a conversation with Vynom

 

L’invité d’ITAR, cette semaine, est l’artiste Khaled CHIHEB plus connu en tant que Vynom. Découvrons ensemble ses réponses aux questions de Thakafat.

Qui êtes-vous ? Comment décrivez-vous votre art ? 

Je m’appelle Khaled CHIHEB, Motion designer et illustrateur. Diplômé de l’école supérieure des Beaux-Arts d’Alger en design graphique. Cofondateur de l’agence D-clik audiovisuel et communication. J’occupe le poste de directeur artistique.

Je m’intéresse à tout ce qui concerne l’expression par l’image, plus spécialement le film d’animation. C’est un medium qui utilise la narration, l’illustration, le mouvement, la musique, etc. dans un contexte réaliste ou totalement fantaisiste. C’est aussi une porte par laquelle l’imagination peut se détacher des contraintes du monde réel. Ça donne donc à l’animation un grand potentiel pour raconter une histoire ou communiquer une émotion.

Et pour répondre donc à la question, je décrirai ce que j’essaye de faire par une sorte de tentative pour communiquer avec mon entourage et partager avec lui des idées ou des sentiments à travers des images, sans qu’il y ait un contact direct. « Le spectateur » est libre d’interpréter ces images et de se les approprier.

Dans quelle atmosphère créative êtes-vous le plus à l’aise ?

C’est quand je suis seul dans un espace familier que je suis le plus à l’aise. Même si c’est un luxe de trouver le temps pour s’isoler, j’essaye de profiter de ces moments pour apprécier un film, une musique ou une illustration. J’aime bien prendre le temps de « consommer » ce que d’autres créateurs ont partagé à mon rythme. Je dis consommer car je suis convaincu qu’on ne crée rien du néant. C’est en étant attentifs à ce que d’autre essayent de communiquer qu’on trouve l’inspiration.

Ceci dit, la motivation vient d’autre chose. Être entouré d’un groupe qui partage la même passion est un très bon moteur pour passer à la pratique. C’est en échangeant les idées et les critiques tout en laissant son égo de côté qu’on peut prendre du recul pour corriger ou enrichir son travail.

Que pensez-vous du paysage artistique et culturel algérien ?

J’ai eu la chance de rencontrer des gens très talentueux en Algérie, c’est rassurant et effrayant en même temps. Rassurant car il y a un grand potentiel pour combiner tout ce talent et accoucher d’un travail intéressant qui peut facilement être primé dans de grands festivals par exemple. Rassurant aussi car on ne se sent pas seul. Il y a plein d’Algériens qui partagent la même passion et qui continuent à travailler même s’ils ne gagnent pas grand-chose en contrepartie.

Mais c’est effrayant de voir tout ce monde éparpillé. Chacun reste isolé dans son coin. J’ai eu la chance d’encadrer un workshop autour des techniques d’animation à l’occasion des journées du film d’animation d’Alger Djazanim et j’ai été étonné de voir le nombre de personnes qui s’y sont intéressés. Même si la communication autour de ce workshop n’était pas des plus soutenues, les gens se sont déplacés et on a pu discuter du domaine dans une bonne ambiance. J’ai découvert des gens différents en apparence, femmes, hommes, jeunes, âgés, professionnels ou amateurs. Mais on partageait tous une sorte de passion et curiosité pour l’animation en générale. Je dis donc qu’il faut encourager la création d’espaces où les gens peuvent se rencontrer et communiquer. Il faut rassembler tout ce monde.

Si vous pouviez en changer une chose, ça serait laquelle ?

Comme je le disais, créer plus d’espace pour les rencontres. Donner l’occasion aux gens qui partagent les mêmes centres d’intérêt pour communiquer et s’entraider dans divers projets. Il faut aussi soutenir financièrement ces projets, car tout le monde a des contraintes financières à assumer. Ce n’est pas pour noircir le tableau, mais je trouve que le secteur culturel en général est encadré maladroitement. Je ne pense pas qu’il y ait un manque de moyens mais une mauvaise répartition de ces moyens. Tout le monde devrait être à l’écoute et contribuer au développement de ce domaine. Que ça soit du côté des individus ou du côté des décideurs. Je ne suis pas spécialiste dans le secteur des finances mais je pense qu’avec un petit effort, on peut donner l’occasion à des projets plus modestes ou expérimentaux de voir le jour. C’est le domaine culturel qui sera plus riche et l’Algérie ne pourra qu’être mieux représentée.

Présentez-nous une de vos œuvres ? 

Voici la vidéo que j’ai préparé pour le workshop que j’ai mentionné plus haut. Ce n’est pas le travail le plus impressionnant qui puise être mais elle a une valeur spéciale car j’eu la chance de la partager avec des gens passionnés et talentueux .

Retrouvez la page Facebook de Vynom !

Leave a Comment