ITAR

Itar : Conversation avec l’artiste Karim Meziani

En marge de son exposition « Bleu mystique » organisée par la galerie Seen Art  , nous nous sommes entretenus avec l’artiste Karim Meziani .

Karim a également publié un ouvrage intitulé livre ‘Le Nomade du pigment’ .

l’oeuvre de Karim est mystique, le bleu comme Klee fait partie de son univers , il pousse et nous pousse dans des profondeurs de nous-mêmes à travers son travail.

Qui êtes-vous ? Comment décrivez-vous votre art ?

Je m’appelle Karim Meziani et j’habite à Nice et suis artiste peintre. Depuis plus de 30 ans , je ne fais que peindre, chose qui me comble. C’est  une véritable passion que je vois comme une belle aventure avec ses risques et ses moments de bonheur.

Mon art ou du moins ma peinture est à base de Pigments et de feuilles d’or.  J’aime la définir en tant que  « monochrome du sacré.. » où j’aborde des thèmes qui s’articulent autour de  la bâtisse du marabout ( Kouba) et l’origine du zéro.

Dans quelle atmosphère créative êtes-vous le plus à l’aise ?

Mon atmosphère c’est le monde du silence à l’atelier, de préférence le soir et dans une solitude absolue. J’ai toujours considéré que l’atelier reste le  tombeau  du doute, c’est là où émerge une densité et une forme d’aventures sans limites avec le temps et l’espace,  un voyage dans l’absolu et l’imaginaire, une sorte de métamorphose de l’âme.

Que pensez-vous du paysage artistique et culturel algérien ?

Concernant le paysage où l’art en Algérie, je   ne le connais pas bien. Du peu que j’ai vu, je le trouve en ébullition tout en étant confus à la fois.  Il  existe de nouvelles  et belles  galeries ainsi que des espaces avec des évènements différents , avec la volonté d’apporter un nouveau souffle. Je pense qu’il manque une sorte de cohésion et  de sélectivité dans les œuvres exposées , mais la volonté des uns et des autres mérite l’encouragement, rien n’est facile.  La peinture , du moins en Algérie ,est cloîtrée dans une ou deux régions , la capitale Alger c’est une vitrine pour diffuser les événements , mais les autres espaces ( régions)  sont dans l’événementiel, c’est à dire l’espace est petit et les œuvres  sont exposées  pour plaire et non pour interroger sur le rôle de l’art . Je pense qu’il faut déranger pour évoluer et cela   demande du temps , mais loin de moi de dire quoi que ce soit, il y a des priorités actuellement en Algérie et l’art demande de la patience et encore une fois, du temps. Je pense qu’une prochaine génération donnera  une vitalité nouvelle à l’art en Algérie..

Si vous pouviez en changer une chose, ça serait laquelle ?

Je ne veux rien changer , j’aurais  juste aimé  créer un   week-end d’Art en Algérie, comme la fête de la musique. Il s’agira de demander aux artistes de sortir dans les rues des quartiers et d’exposer. Il faudrait que les magasins des grandes avenues jouent  le jeu pour exposer une oeuvre dans leurs vitrines , c’est faire habituer le regard et l’attention des passants inaptes à l’art à regarder pendant un laps de temps une toile , un dessin, une sculpture, des belles créativités, c’est gratuit et c’est une belle exposition à ciel ouvert juste assez pour établir un nouveau contact entre les algériens et leurs artistes ..

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