ITAR

Itar : Djamel Eddine Benchenine.

On l’avait déja croisé sur Alger au premier Salon du dessin organisé en 2017 au MAMA, là où Djamel Benchenine nous a présenté une série d’oeuvres intitulée  » Massa’art » , on l’a retrouvé ce mois de mai au Printemps des arts nous déroutant un tant soit peu par ses oeuvres exposées.

Djamel s’est prêté au jeu de Thakafat et répond à nos questions :

Qui êtes-vous ? Comment décrivez-vous votre art ?

Je m’appelle Benchenine Djamel alias Bnchn, artiste plasiticien diplômé de l’école des beaux arts d’Oran en 2010 option peinture. Né en 1987 à El Mohammadia dans la wilaya de Mascara où je  vis et travaille actuellement comme infographiste en freelance.

Je m’inspire des cafés populaires et autres lieux de convivialité que je fréquente, je reproduis l’atmosphère, le décor et les personnages qui peuplent et « habitent » ces lieux.

J’ai exposé jusqu’à présent la série « mass’art » dont les personnages dessinés sont des amis ou artistes à qui j’ai souhaité leur rendre hommage, ainsi que des natures mortes « tabla » tirés de ces lieux que je fréquente..c’est en quelque sorte la « mémorisation » d’un instant qui est passé et la représentation d’un fragment de la vie quotidienne et c’est un autre projet que je travaille en ce moment.

Que pensez-vous du paysage artistique et culturel algérien ?

Je pense que le paysage artistique et culturel algérien est tellement riche par des artistes qui cherchent l’occasion de s’éclater en face d’une scène, ces occasions se présentent en une série limitée et donc cette foule d’artistes reste limitée..pas d’opportunités et infrastructures pour la grande majorité des artsites qui resteront « underground » et méconnus.

Si vous pouviez en changer une chose, ça serait laquelle ?

Si je pouvais changer quelques choses ça serait les vieux directeurs des écoles d’arts en Algérie qui ont participé à la chute libre du niveau de ces écoles qui sont normalement les premières sources d’artistes… Pour ainsi dire, le fait de faire de l’art pour l’art n’est plus, c’est devenu tellement lucratif et insensé que s’en est devenu insultant de se dire artiste, loin de moi l’envie de paraître présomptueux, le fait que des œuvres banales et dépourvues d’inspiration ! Dénuées de tout sens ou de toute étude ! Ceci reste un avis personnel, mais dessiner ou peindre des sujets sans fond, une histoire superficielle, juste histoire de vendre, de se faire un nom, de gravir des échelons imaginaires, n’est que fatuité et ce n’est pas ce que je recherche, faire vibrer, montrer, dénoncer, là est le rôle de l’artiste, le garant d’un progrès moral, au détriment du progrès scientifique, vu l’exode de nos élites, il serait triste de voir ce phénomène se répéter chez nos artistes, bien que les exemples pour ce dernier sont présents, mais n’ont d’Artistique que le « nom » !

Présentez-nous une de vos œuvres ?

Dessiner n’est pas et n’a jamais été limité que sur une feuille blanche bien entendu, il faut innover afin de mieux s’exprimer et faire passer notre message, et c’est ainsi que je dessine les desseins. « Massa’rt » ou l’art de dessiner sur « massa », papier à rouler souvent utilisé pour fumer ou faire de la  » chemma » à l’Algérienne. Fumer qui donne l’impression de voyager entre ses propres pensées, dessiner aussi surtout quand il s’agit de dessiner sur cette même feuille autrement avec mes dessins. Tout d’abord la transparence de la feuille m’a beaucoup servi pour réaliser des juxtapositions de la feuille « massa » dessinée en premier plan avec une autre feuille en arrière plan qui est la couverture du carnet de papier à rouler « Bob » ce qui a donné l’occasion de foncer sur quelques nouvelles techniques et de ramener de nouvelles idées afin d’appliquer une modernisation. Le message que je voulais transmettre avec ses 30 portraits d’amis « artistes » et 10 natures mortes « tabla » c’était qu’on peut tout utiliser pour s’exprimer.. Même une feuille à rouler.

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