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Itar : La photographie artistique de Midou Dambri

Dambri

Qui êtes-vous ? Comment décrivez-vous votre art ?

Je suis Midou Dambri artiste photographe algérien, de Biskra et installé à Alger. Je me sers de la photo comme outils d’expression pour la faculté poétique qu’elle détient, dans la mesure où elle ne crée pas à partir du néant mais prend des situations réelles (physiquement) pour les présenter autrement, même quand c’est une mise en scène.

Tout comme les mots, ils errent séparément, mais chacun  s’en sert différemment pour créer sa poésie.
Mon intérêt et ma cause ont souvent été la condition humaine dans toutes ses facettes et où qu’elle soit. J’essaye par mon art d’explorer et questionner ces situations et nouveaux contextes de vie que l’humain s’inflige.

 

Dans quelle atmosphère créative êtes-vous le plus à l’aise ?

Je suis souvent dans le contact humain, ça a souvent été le germe de beaucoup de mes projets artistiques, même si des fois l’humain ne constitue pas forcément le sujet de base de mon œuvre. La réflexion artistique ne se présente pas seulement au moment où on réalise l’œuvre, du coup on y est de façon presque permanente et moi j’essaye d’être là où la vie est vécue intensément soit du bon ou du mauvais côté. C’est du quotidien, du vécu et de l’expérience humaine que part ma réflexion, et c’est là où se situe mon univers créatif. Partout !

Que pensez-vous du paysage artistique et culturel algérien ?

On est presque content de cette expansion artistique de ces dernières années, chose qui donne beaucoup d’espoir. Mais tout de même, il ne faut pas se voiler la face, cette situation n’est pas le comble, on est loin très loin des normes. Le paysage artistique et culturel algérien souffre de trois problèmes majeurs. D’abord, il y a cet enfermement de la scène culturelle sur elle-même ne faisant pas l’effort suffisant pour impliquer toutes catégories du peuple dans ce qui se passe.

La dernière expansion artistique a laissé accès à tout le monde pour faire ce qu’ils veulent, car il faut dire que c’est un terrain vierge où tout ce qui se passe pourrait éblouir et c’est légitime. Et puis après le paysage culturel et artistique suit, en ce moment, la politique des « Tendances », on est dans une phase où tout n’est que tendance, on a souvent les mêmes noms qui se répètent çà et là et puis tout se passe presque dans la même ville. Le paysage artistique souffre d’un autre problème qui est le manque de la critique et le refus de la critique quand il y en a.
Là où l’art se fait juste, il y a de la critique, elle seule aidera à faire évoluer les choses. Mais visiblement on n’en est pas prêt en Algérie.
La politique culturelle de l’Algérie doit changer et envisager de faire un effort pour changer les choses que ce soit de la part de l’état, des artistes ou de la population elle-même.

Si vous pouviez en changer une chose, ce serait laquelle ?

Si cette question est relatée à la précédente je dirais que j’aurai pris l’art par la main, l’amener loin d’Alger pour une cure générale et le rendre avec un nouveau souffle, et prêt à être répandu partout.

Présentez-nous une de vos œuvres ?

 

Dambri

Funérailles à Amritsar (Aout 2014) : Rituels dans un cortège funèbre hindouiste à Amritsar, ville à majorité Sikh, située au Penjab. (Premier tirage en papier photo mat dimensions 60x40cm – Exposée en 2016 à la galerie KefNoun)

 

C’est une photo faisant partie d’un projet de plusieurs récits photographiques réalisés en Inde en 2014, un pays où vivent ensemble des centaines de civilisations avec de différentes coutumes, langues et surtout des centaines de religions. Ce pays pourrait être présenté comme la miniature ou l’échantillon de notre globe, or, il donne un meilleur exemple du fait de la tolérance de l’autre. Avec le nombre de religions existantes et pratiquées en ce moment, ce pays arrive à vivre dans une paix, disons relative, dégageant beaucoup d’amour. J’ai essayé d’explorer ceci en plusieurs récits photographiques sur la vie spirituelle et mystique de plusieurs de ces religions seules et leurs interactions ensemble.

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