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Portrait : Assia Djebar, femme de lettres

assia djebar

Première auteure nord-africaine à recevoir la distinction de l’admission à l’Académie Française en 2005, Assia Djebar, de son vrai nom, Fatma Zohra Imalayene, est une écrivaine Algérienne d’origine Cherchelloise. Issue d’une petite famille bourgeoise et traditionnelle, elle étudia à l’école française puis dans une école coranique privée avant de rejoindre un collège à Blida où elle obtient son baccalauréat en 1953, 4 ans avant son premier roman. En 1955, elle rejoint l’École Normale Supérieure de Sèvres (France).

Elle est la première femme musulmane et la première Algérienne à être admise. Elle enchaine alors une carrière dans l’enseignement dans différentes universités en Algérie, au Maroc et aux Etats-unis. Pour atteindre le public non littéraire, elle se consacre aussi à d’autres formes d’expression artistique, au théâtre et notamment au cinéma.

Aujourd’hui, le prix Assia Djebar du roman est un prix littéraire qui porte donc son nom, et qui a pour objectif de promouvoir la production littéraire algérienne.

« La soif », premier roman d’Assia Djebar

L’une des premières thématiques abordées par l’auteure dans son oeuvre, et d’ailleurs, la plus marquante, est celle de la condition de la femme . Elle écrit son premier roman, « La soif » en 1957 pendant le mouvement des étudiants de l’UGEMA.

Toutes les œuvres d’Assia Djebar reflètent la lutte de son peuple et celui de l’engagement des femmes algériennes à qui elle donne la parole à travers ses romans et auxquelles elle permet de prendre conscience de leur condition de femmes arabes. Son œuvre comprend au total 12 romans, des pièces de théâtre et  plusieurs films.

Vous pouvez avoir accès à ce roman sur le lien suivant :  La soif, Assia Djebar 

 

« L’urgence de dire »

Assia Djebar n’hésite pas à revenir sur l’assassinat de ses amis durant la décennie noire.  » Dans le blanc de l’Algérie », oeuvre dans laquelle l’auteure parle de Jean Sénac, Tahar Djaout, Youcef Serbie et Josie Fanon. Elle rappelle plus que jamais la nécessité d’écrire, « l’urgence de dire » à quel point la culture de l’oubli peut conduire au désespoir.

Nous terminons cet article sur des mots, tellement beaux, d’Assia Djebar, dans lesquels elle revient sur la question récurrente du choix du français comme langue d’expression.

« J’écris donc, et en français, langue de l’ancien colonisateur qui est devenue néanmoins et irréversiblement celle de ma pensée, tandis que je continue à aimer, souffrir, également à prier quand parfois je prie, en arabe, ma langue maternelle »

Interview extraite du documentaire « Assia Djebar, au coeur des mots » réalisé par Florida Sadki en 1990

Pour en savoir davantage :

Assia Djebar, écrivaine et historienne.

Femmes d’Alger dans leur appartement

Assia Djebar, la mémoire est une voix de femme

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