Idées/Réflexion

Regards sur l’Art en Algérie

artiste

Nous célébrons aujourd’hui, 8 juin, la journée nationale de l’artiste. Alors que des cérémonies officielles ont lieu, c’est également l’occasion de se poser la question sur la situation de l’artiste Algérien et l’importance du rôle de ce dernier dans la société.

Sur Thakafat, nous avons l’habitude de vous proposer des «  Itars » Interviews et témoignages de nombreux acteurs de la scène artistique algérienne qui nous parlent de leur travaux et à qui nous demandons systématiquement leur avis et regard qu’ils ont sur le paysage artistique et culturel Algérien.

Issus de divers domaines et passions ils s’accordent à dire que l’art en Algérie possède un  potentiel énorme qui, malheureusement, manque d’encadrement et de moyens.

«  Il faut être courageux pour faire de l’art en Algérie. L’art n’est pas un sprint ou un passe-temps mais une course d’endurance qui requiert  beaucoup d’énergie et de réflexion. »   Rafik Nahoui

D’autre part, Maya Bencheikh El Fegoun soulève un point important. En effet, l’art et l’artiste doivent tenir et évoluer dans un environnement constitué de critiques d’art, commissaires, galéristes, collectionneurs et autres intervenants qui ont pour rôle d’évaluer, d’encadrer et surtout d’encourager la production artisitque.

«  Il  y a certes, de plus en plus  de talents qui émergent,  une véritable richesse dans le language pictural algerien actuel , mais s’il n’y a pas un accompagnement à  la création,  la tâche devient de plus en plus dure. On ne peut parler actuellement de marché de l’art en Algérie ce qui rend toujours la création timide, car après chaque production faut qu’il y ait une chaine : diffusion, promotion puis commercialisation. » SERDAS

Nous avons également noté une appréhension de la mauvaise commercialisation de l’expression artistique et en conséquent, sa corruption. Adel Hosna nous rappelle l’importance de la préservation de l’authenticité alors que Hakim Rezaoui souligne un rapprochement entre l’art et un produit de grande consommation.

D’autre part, Lmnt nous alerte …

« Je dirais qu’il y a une masse artistique qui a explosé cette année par rapport  aux précédentes. Tant de gens actifs, d’events et d’initiatives. Même si je me fonds dans le paysage, je suis de temps à autres ce qui se passe. C’est un bon déclic pour la scène urbaine, tout comme pour les autres disciplines. Cependant, je vois les choses davantage comme étant une mode ou une tendance, qu’un mouvement réel. C’est un point à prendre en considération et à réfléchir pour ce qui est à venir,  avant que ça ne parte dans tous les sens, si ce n’est pas déjà le cas.

Aussi, il y a beaucoup de nouveaux espaces d’exposition d’ indépendants et privés ou de galeries. Du pur marketing artistique.  Cependant, la question à se poser est est-ce que le public  est prêt à comprendre tout cela ? Ou qu’il a plutôt besoin de sens que de couleurs.

Aujourd’hui, c’est toujours les mêmes personnes qu’on voit sur la scène artistique, ça tourne en rond et ça se répète  alors que y’a un potentiel extrêmement intéressant qui reste éparpillé, voire perdu. ça reste mon avis. »  LMNT

Hichem Turqui attire notre attention sur les sujets abordés par les artistes Algériens et de la manière dont ils sont réceptionnés par leur public.  Un public qui doit, justement, être sensibilisé à toutes les formes d’expressions et apprendre à les accepter, les comprendre et les respecter. Cela passe également par le fait de faire en sorte que les évènements artistiques ne se concentrent plus que sur Alger et quelques grandes villes pour atteindre de plus larges cibles.

Ces témoignages sont, finalement, un baromètre de l’environnement artistique Algérien. Il faut garder en tête que tous ces avis constructifs convergent et dégagent une même volonté de faire évoluer le milieu en Algérie.

Nous finissons sur ces paroles de Karim Meziani :

«  les œuvres  sont exposées  pour plaire et non pour interroger sur le rôle de l’art . Je pense qu’il faut déranger pour évoluer »

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