Idées/Réflexion

Les réseaux sociaux, médium de diffusion et rayonnement artistique

Il est vrai que l’avènement d’internet en général et les réseaux sociaux en particulier a contribué fortement à la diffusion du travail des artistes algériens.

Une communauté artistique virtuelle est créée, des groupes et des pages artistiques voient le jour. Des webzines culturels contribuent également à la diffusion de l’information culturelle et artistique (la critique d’art n’existant pas réellement).

Au-delà de son rôle de diffusion, bon nombre d’artistes  considèrent les réseaux sociaux comme une alternative à un espace d’exposition, permettant d’ « exposer virtuellement » et ainsi  approcher une  communauté à travers le partage de publication s’il y a lieu.

Les avis restent mitigés quant à l’impact des réseaux sociaux sur l’art contemporain en Algérie, certains considère ce médium comme limité et ne remplaçant en aucun cas un lieu d’exposition, et ceci en l’absence d’interactions, de réactions directes du public à travers l’approche physique des œuvres et surtout de partage et d’échange autour du travail d’artiste.

L’intérêt à l’égard d’un artiste ou à une œuvre relèvera davantage du buzz, de l’effet mode  et restera éphémère, ne s’inscrivant en aucun cas dans une véritable démarche d’intérêt à l’art.

Le rôle des réseaux sociaux doit se limiter à la médiation des artistes et des événements artistiques.

Ce médium ne doit en aucun cas remplacer les espaces d’exposition que ce soit des musées ou galeries. Les paramètres accompagnant une œuvre d’art et notamment le contexte, la scénographie et l’interaction entre l’œuvre et le public restent essentielles.

Le spectateur de l’œuvre doit pouvoir la contempler, l’admirer, essayer de la comprendre, se confronter à elle.

Aussi, certaines disciplines artistiques telles que la sculpture, les installations ou les performances restent difficiles à apprécier via une image diffusée sur le web.

Le rôle aujourd’hui des réseaux sociaux est de faire comprendre qu’une production artistique existe et ne demande qu’à être visible, cela permettra de soulever la problématique du manque d’espaces d’exposition d’une part et d’ouvrir le débat sur l’art contemporain, qui semble encore mal intégré dans le paysage artistique actuel, d’autre part.

Au-delà des artistes qui cherchent un moyen d’ « exposer », des groupes ou pages se créent. On peut citer le groupe «  Algérie art contemporain » créé et animé par l’artiste algérien Mustapha Sedjal établi en France.

Ce groupe se veut être une plateforme de partage des divers évènements artistiques : expositions, rencontres, documents presse et autres sur ce qui se passe des deux côtés des rives et d’ailleurs.

L’objet est de réunir des artistes « contemporains » qui ont une démarche artistique cohérente. Une vitrine virtuelle pour la création algérienne des deux rives… créer une dynamique (en considérant ce qui se passe au Maghreb et en Europe) au niveau de l’art contemporain.

Les réseaux sociaux restent un moyen de diffusion libérant l’expression et offrant la possibilité à tout artiste ayant une visibilité limitée d’élargir son champ. Ces actions  ne pérennisent pas le travail de l’artiste mais confirment l’existence d’une production artistique qui ne demande qu’à être reconnue, appréciée, critiquée  et surtout accompagnée.

 

 

 

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